L'avant et l'après

Publié le par Laurence Tissot

Beaucoup de choses, en vrac, que j'aimerais partager.

1/Avant de quitter Dubaï, j'aimerais en saluer un aspect positif: Dubaï est bien équipé en langue des signes, en infrastructures pour personnes sourdes, aveugles et dans une moindre mesure, handicapées physiques. Dans la plupart des administrations, j'ai vu des services d'interprétariat en langue des signes. Reste à savoir si cela est réellement appliqué dans la réalité, où il s’agit d’un gros coup de pub, comme cela peut-être le cas aux caisses de Carrefour en France.

2/Comme certains le savent déjà, j'ai repris du service avec Vivi et Anika. Elles ont beaucoup changé pendant l'été, se sont indépendantisées, ont muri, grandi. Plus besoin, ou très peu, de discipline. Ca coule tout seul. C'est un vrai plaisir. Je m'éclate! Vivi m'apprend le piano, Anika remporte tous les concours de rire, c'est vraiment chouette. Les deux lisent désormais couramment, et Vivi traite des données mathématiques largement supérieures pour son âge (additionner des fractions au 32è, déterminer quels nombres sont les plus grands dans les dizaines de milliers négatifs, ou à virgule, etc.) Anika réclame des devoirs supplémentaires, sans quoi, elle est vraiment malheureuse! 

3/Je suis allée voir le film This is it de Michael Jackson, en bonne fan qui se respecte. C'est l'avantage de vivre dans ce pays; Tous les billets n'étaient pas vendus... Un film simple, émouvant, qui rend un bel hommage à un artiste définitivement hors normes, génialissime, travailleur, et surtout, c'est une surprise, humble et doux comme un agneau. C'est cela, le plus touchant, je crois: au-delà du talent musical, artistique, de ses prestations sans pareilles, de sa compréhension futuriste, j'ai été frappée par son humilité. Il reçoit les conseils, en redemande, s'entoure, et pratique avec achranment, humblement, jusqu'à la perfection. Une belle leçon...

 

4/ Beaucoup de réflexions en vrac, auxquelles certains de mes lecteurs réagiront, j’en suis sûre, avec vivacité et intelligence, comme toujours. D’ailleurs, au passage, j’en profite encore une fois pour remercier mes amis qui me portent dans mes choix, vous autres qui apportez la stabilité et la force nécessaire à mes aventures. Dans mes moments de doute, de glissade, de perte d’horizons, dans mes moments de solitude, toujours, j’ai trouvé et été entendue par un/une ami(e), comme autant de petits miracles. Vous êtes les clés de mon courage, et jamais je ne saurai vous remercier assez.


Une question, que je me pose : je lisais dans le journal que la victime de Roman Polanski avait décidé de retirer sa plainte, et que de toute manière, les faits qui lui étaient reprochés avaient été abandonnés eu égard à leur ancienneté. Puis Chirac arrive là-dessus, avec ces problèmes d’emploi fictif, et même baratin sur l’ancienneté des faits. Alors là, va falloir qu’on m’explique, parce que je pense que je suis un peu concon : on peut tuer, violer, voler, enfreindre la loi, et ce, impunément, parce que ça appartient au passé ? Hier, c’était le passé, il y a vingt ans, c’était du passé aussi, et au-delà de la loi bafouée avant ou après prescription, il n’en reste pas moins qu’il y a crime, ou délit, et que non, on ne tue pas, non, on ne viole pas, et non, on ne vole pas en toute impunité. Point. La justice est la même pour tous, sans distinction de races, de statuts sociaux, politiques, etc. Et j’ose ajouter, mais c’est sûrement mon côté concon, qu’elle est la même IN-TEM-PO-REL-LE-MENT !!!

 

Bref. Quelques mots des autres, que je voulais voir figurer dans ce blog, car ils me parlent :


Ces quelques vers de Baudelaire d’abord :

« Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent 

    Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons, 

    De leur fatalité jamais ils ne s'écartent, 

    Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons ! 

    

    Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues, 

    Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon, 

    De vastes voluptés, changeantes, inconnues, 

    Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom ! »

 

Et aussi ceci, qui m’amène à réfléchir grandement :

Only dead fish swim with the stream”.



J’ai déjà eu l’occasion d’envoyer un premier mail à chaud, et vais essayer d’expliquer ce qui m’habite après trois jours sur place. Les sentiments et les sensations sont complexes. A une fatigue certaine, viennent s’ajouter différents éléments : un sentiment de déjà-vu, d’une part, mêlé à la lassitude chaude et humide de ce pays d’Asie bouillonnant, bruyant, excitant et pourtant éreintant, combiné à une oisiveté soudaine et pour le moins déconcertante en ce qui me concerne. Il y a passage de cultures, il y a sentiment de non-appartenance, il y a  incertitude d’avenir professionnel, il y a répétition mais excitante nouveauté, il y a plénitude et vide, il y a sûrement pour le moins chamboulement, adaptation, (dé)construction. En un mot : il y a passage.

 

Le recul, le temps, m’en apporteront davantage. D’ici là, je continue, sûre d’une chose : je saurai toujours retomber sur mes pattes.


PS: je suis joignable sur le numero de portable qui figure sur la droite de cet ecran!

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jimmy 06/11/2009 22:58


Quel bonheur, chaque fois, d'avoir de tes nouvelles.
De la langue des signes a Dubaï? Mais dans quelle langue? Francais, anglais, arabe? Tu as pu pratiquer un peu?
Je ne savais pas que tu avais fait un come back aupres des filles. Je me souviens encore de tes premieres semaines de boulot ou tu n'en pouvais plus, ou tu te posais des milliard de questions. Mais
tu vois tes efforts on payé. Felicitation!
En tous les cas je continuerai de te suivre ou tu ailles, quoique tu fasses. J'espere que la thaillande t'apportera ce que tu cherches. Bonne route a toi.
Bisous.


Claire 05/11/2009 14:01


Une page bien pleine se tourne, une nouvelle est à écrire.
Continue de nous faire partager ces pages de ton existence.
Bon séjour en Thailande, et bon vent.
Bisous
Claire