Fujairah

Publié le par Laurence Tissot

Ah, Fujairah...

On se demande pourquoi les poètes romantiques n'ont pas écrit leurs plus beaux vers en visitant Fujairah.

On se demande pourquoi Dubai, et pourquoi pas Fujairah? Quelle injustice?

Non, en fait, on ne se demande pas. On se met à genoux et on pleure de désolation.

J'ai rarement vu une ville (ville?) aussi désolante, triste, inintéressante, repoussante.

J'avais l'impression d'être en Bosnie post-bélligérante, avec la désolation du désert en plus, que je trouve habituellement d'une beauté renversante, tempête de sable à l'appui, odeurs, enfin, relans de pétrole raffinée, l'air chargé de pollution, dûe aux différentes raffineries voisines.

J'ai visité d'autres émirats tout aussi désolants, mais ils avaient cette beauté désolante des terres arides. Fujairah, c'est le rien, en moins bien. 

Difficile, voire impossible de prendre des photos intéressantes donc, d'abord à cause de la mini-tempête de sable, ensuite parce que je me suis faite incendiée par les femmes du coin, toutes couvertes de noir, qui, en me voyant de loin, se mettaient à hurler et à courir en tous sens... Bon, on se calme, les taupes! Du coup, tu remontes en voiture avant de dégueuler car ça pue tout et n'importe quoi, et tu retraces ta route dans l'autre sens.

Quelques clichés, cependant, à ne pas regarder pour les dépressifs. Et puis, pour les vraiment courageux, le lien Kodak, comme d'habitude (http://www.kodakgallery.fr/ViewSlideshow.action?&localeid=fr_FR&collidparam=2039431080233.7977525011233.1256322263160)...

Désolée pour le plombage d'atmosphère...




La Bosnie, ou l'Irak. Faut voir...

                                                    
 
Je suis tombée sur ces reste de cadavre. Sacrifiée en plein milieu de la rue, la chèvre n'a garder d'intacts que sa tête, son coeur laissé sanguinolant à même le sol, et l'une de ses pattes. Glauque au possible. J'ai dû piétiner dans le sang au milieu des mouches et d'une odeur sans nom pour aller prendre cette photo... Indescriptible.
 

Là, je penche pour l'Irak...

  
Symbole de la désertitude, de la désolation des plages de Fujairah. Un sable noir, collant, graisseux de pétrole, des voitures abandonnées, des filets de volley déchirés, branlant dans le vent inégal qui pousse le vice à ne jamais souffler à Dubaï...



Bon, une photo plus optimiste pour finir... 

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jimmy 24/10/2009 00:23


Encore une fois submergé par l'émotion, j'ai été hypnotisé par les images, sordides, tragiques, magnifiques, sublimes. J'aime le regard que tu porte sur ce monde! Dommage que tu ne puisse pas
voyager dans l'espace, tu nous ramènerai des clichés... étonnants! Je continu de rester fan! Bises.