Rambo est de retour...

Publié le par Laurence Tissot

Je dis ca parce que je me fous de ma gueule. Je suis toute egratignee, des pansements et des bandes partout. c'est bien, ca fait survivor... Les choses vont un peu mieux physiquement... Ca degonfle, et puis j'ai enfin fait une nuit, une vraie... Douleurs par ci par la, mais pas de reveil. Et aujourd'hui, journee glande! Le voyage touche a sa fin, et c'est tant mieux. Envie de rentrer maintenant, d'arreter de suer, de puer, de porter des trucs degueus, dechires, de faire mon sac a dos tous les soirs. La chaleur est insupportable aujourd'hui. Ou alors c'est moi qui ne la supporte plus.

Bon, je ferai un petit bilan un peu plus tard.

Revenons sur mon epopee merveilleuse...

Nous partimes, cinq cent...

Bon, je m'arretais arrete a Angkor. Les photos que ne tarderais pas a mettre en ligne devraient vous donner l'envie de vous y rendre. Ce fut trois journees levee a 4 h du mat, a arpenter en velo, degoulinante de sueur, le site archeologique sur des kilometres, et ce, a raison de plus de 12 a 14 heures par jour... Ca, c'est des vacances reposantes! Mais quelle beaute! Angkor est d'autant plus impresionnante lorsqu'on se rappelle qu'elle comtait a son apogee plus d'un million d'habitants, quand Londres n'en comptait alors que 50 000...

Le lendemain, 8 heures de bateau pour traverser le Tonle Sap, le principal "lac" de Cambodge. Une descente fantastique, sur le toit du bateau, qui manoeuvrait parfois difficilement dans les virages sinueux...
Tout le long, des villages flottants, avec maisons de bois sur pilotis... Une grande pauvrete, et pourtant, partout, des mains qui nous faisaient coucou, des hello, des enfants qui s'esclamaient en nous voyant... Certains bateaux tiraient derriere eux leur maison... On s'est pris des saucees, on a crame, on a vu des vaches avec la peau sur les os, on a vu des paysans labourer leur terrain avec de vieilles machines artisanales tirees par deux veaux, on a vu des enfants nus, des magasins flottants, des hommes et des femmes attendant que la vie passe, parce qu'il n'y a pas grand chose d'autre a faire... De magnifiques paysages, une belle lecon d'humilite.

Arrivee a Battambang. deuxieme plus grande ville du Cambodge. chose que je ne pourrais pas confirmer, vu comme la ville m'a semble petite... Quelaues vestiges du protectorat francais. Pas de quoi casser des briques. La ville s'est transformee en ville fantome a 10h du soir. Plongee dans le noir, sans rien d'ouvert. Le Cambodge, le vrai. Et la, on s'est tapes un trip a quatre. On s'est faits prendre en photos dans des costumes traditionnels khmers! Le delire complet. Surtout parce qu'on nous a maquilles, pares de bijoux plus affriolants les uns que les autres, et faits poser dans des positions hilarantes. Le tout avec un decor kitschissime. Je vous promets que le resultat en vaut le detour... Speciale dedicace a notre Lady boy, ces hommes qui changent de sexe, qui a apporte un soin tout particulier a notre maquillqge, et qui s'est amuse comme une petite fille avec ses Barbies!

Le lendemain, journee decevante, arnaque pour touriste. Nous avons emprunte un train de bambou. Quatre roues, une latte de bambous, un moteur, et c'est parti mon kiki! Rigolo d'entendre le passage des roues sur les rails, de prendre le vent en pleine face, on se serait cru dans un corail SNCF des annees 20, mais sans la carlingue... La ou ca devient rigolo, c'est quand une autre plate forme arrive en face. Eh oui, il n'y a qu'un rail! Le vainqueur du duel est celui qui aura le plus de passagers a son bord! Pour l'autre bambou train, on fait descendre les passagers, on demonte le bestiau (on enleve la plate forme et les 2 fois 2 roues qui ressemblent a des halteres et on se range sur le cote pour laisser passer...)! Bon, c'etait malgre tout un attrape-touristes, avec visite obligee d'une fabrique de briques a la fin, ou bien entendu, on nous a reclames one dollar... Le Cambodge est le pays du One dollar! Tout se vent a One dollar! Tout s'achete... Meme les enfants. Aisement.

A notre arrivee a Phnom Phen, une gamine nous saute dessus, comme d'habitude: "You buy me a book!" A notre reponse NON, elle ne se laisse pas demonter. " Ok, you buy me water!" Toujours non. Alors elle nous prend la main et nous dit, les yeux dans les yeux, "Ok, you buy me"... Tu m'achetes moi... Bah euh non... La mendicite enfantine est horrible. Le travail enfantin fait legion. ils se charrient des sacs, vendent tout et n'importe quoi au systeme D, font paitre les vaches, plantent du riz dans les rizieres, etc. A deux ans, ils ont deja tout compris.

Petite parenthese sur les enfants, mes observations, mes etonnements. Ici, les enfants vont toujours BEAUCOUP plus jeunes que leur age... c'est bluffant. Un gamin qui en parait 7 en fait en fait 15, et je ne mens pas... C'est ahurissant. Plusieurs raisons a cela; le type asiatique, plus petit, plus sec, plus fin, plus jeune. Et surement une alimentation tres pauvre, qui ne permet pas de grandir au rythme biologique... Autre observation: les enfants sont extremement debrouillards.. Rien d'etonnant a cela, me direz-vous! Je trouve que les peres sont tres presents. Souvent, on les voit jouer ou porter leur progeniture. je ne dirais pas qu'ils les eduquent, mais je ne pense pas que la notion d'education existe ici comme on l'entend en Europe, ou aux Etats-Unis. Ici, les enfants grandissent par eux memes, ils dont livres a eux memes, et poussent comme ca, au milieu de la rue, de la nourriture, des chiens galeux. S'occuper des enfants est un luxe. Les Cambodgiens, et surtout les enfants, sont d'une beaute inouie. Leur peau, leurs yeux, leur bouche, leur corps... Ils sont malins.

Phnom Phen maintenant. Phnom Phen est une agreable capitale, bien que petite. Pas tres propre. A l'image du cambodge. Rien de particulier. On a generalement fait le tour en deux jours. Jamais je n'ai vu de circulation aussi chaotique. Sur les deux fois deux voies, il n'y a pas de sens etabli. Si je veux tourner, je tourne, si je veux faire marche arriere, idem. Je croise serpents, vaches, chevres, enfants, tuk, tuk, mille mobylettes dans les deux sens, et autres choses non identifiables...  Apres mon accident d'ailleurs, ou personne n'a bouge le petit doigt (par peur de moi, par peur d'etre impliques, par timidite, m'apprendra-t-on plus tard), je suis repassee au meme endroit, un accident avait eu lieu, impliquant la encore un scooter et un bus. La fille etait morte, elle. Je suis passee sans m'arreter. J'avais eu ma dose pour la journee.

Apres ma chute, j'ai eu du mal a remonter sur le scooter. Mais pas le choix. Fallait remonter dessus vite, sans me poser de questions, et repartir. Et puis le ramener. Mais apres l'incident, j'ai perdu confiance. Je n'osais plus m'arreter. Et je me suis dit que c'etait interessant. Tant que je me sentais capable de le faire, j'etais portee par une sorte de super pouvoir. Quand je suis tombee, ma confiance a vacille. La peur s'est emparee de moi.Et soudain, tout me paraissait infranchissable. J'ai du me faire violence. Une lecon a tirer: d'abord, la peur n'empeche pas le danger. Elle empeche de faire, ca, c'est sur. Ensuite, nous n'avons de barrieres que celles que nous nous imposons. Plus nous revons au-dela de nos possibilites, plus nous nous elevons.

A Phnom Phen, j'ai mange des grenouilles, achete des cigarettes Alain Delon (il fait vendre, ici, celui-la!), j'ai dormi pour un euro, j'ai assiste, sciee, a des cours d'aerobic dignes de Charlot, et bien plus.

J'ai fait m,ille choses, la-bas et ailleurs, mais ce sera tout pour ce soir. Quand j'aurais la possibilite de mettre des photos sur mon blog, et sur Kodak, je reparlerai surement d'autres details qui ont du m'echapper. Il est dur, de tout raconter, de tout synthetiser, les faits, les visites, les sensations, les ressentis, les expressions, les etats-d'ame.

Je livre le tout au compte-goutte, dans une frustration perpetuelle. il vous manque les odeurs, les bonnes et les mauvaises, le son perpetuel, les klaxons, la transpiration, la chaleur insupportable, la sueur, les accents.

Une belle rencontre avecd un photographe, dont je voudrais partager le travail ici:
www.oliviersabourdy.com

Ca vaut le coup d'oeil.
Quant a moi, journee farniente aujourd'hui, une grande paresse, eb\nvie de shopping, de ne rien faire, de me laisser portee par la vague Bangkok.

 Demain, marche flottant. On prend une conque et on va faire ses emplettes. Ca aussi, ca vaut le coup d'oeil. et puis un retour. Bien merite. Je vais me reposer et guerir mes plaies, qui ne guerissent pas ici, du fait de l'humidite et de la crasse continuelle.

Au plaisir, sans cesse, de vous lire.

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jl 22/08/2009 08:58

bon, et quoi de neuf depuis? bien rentree?

moi je rentre demain. encore quelques heures a bangkok.

sinon, en tapant ton nom sous google, j ai remarque que ton livre etait sur google book... je ne sais pas si c est en entier mais tu passe a la cyber prosperite on dirait....

ciao

jl

jimmy 15/08/2009 22:29

On a déjà les odeurs, les bruits, on voit la pauvreté, la beauté, la joie dans les yeux des gens au fil de tes rencontres. On a l'impression d'être avec toi. Ce pays m'attire de plus en plus. En te lisant j'ai transpire, j'ai eu mal, j'ai suffoqué, j'ai sourie, j'ai ouvert de grands yeux, j'ai été étonné, j'ai ouvert mon coeur, tu m'a juste fait vivre! Merci.
J'attend les photos. (Magnifique les photos d'olivier).
Bisous

Jeany 15/08/2009 14:06

Quelle baroudeuse, tu es Lau ! Toujours à te frotter à ce qui est difficile, à ce qui sort du chemin touristique. J'attends les photos avec impatience. Je ne sais ce que tu fais à ton retour de vacances.
A bientôt jolie Lau.