Angkor, Cambodge, premieres impressions

Publié le par Laurence Tissot

Le Cambodge.

Pays de contradictions, de luttes intestinales, de guerres civiles, de genocides, plus bombarde que tous les pays confondus pendant la seconde guerre mondiale, ou la concentration de mines anti-personnelles explose tous les records, ou la corruption fait rage, la pauvrete aussi, mais ou les gens luttent, sourient, sont heureux avec le strict minimum, partagent, donnent, distribuent sourire et signes de mains a tout-va.

Pays ou le dollar est roi, ou la prostitution infantine fait rage, ou les touristes commencent seulement a pouvoir acceder aux principaux sites historiques, ou les gens degagent drame et simplicite a la fois.

Le Cambodge est bien plus pauvre que la thailande, plus ancestral, plus en retard, lus chaud, plus humide. La chaleur et l humidite y sont insoutenables. Les moussons eclatent dans ces rues de poussiere rouge. Et toujours, le sourire des gens. Partout.

Angkor, ancienne cite khmere de plus d un million d habitants, est une pure merveille architecturale. Des centaines de temples, des longs, des hauts, des a rallonge, des imposants, des ou la jungle a repris ses droits, des caches, des gigantesques (tapez Angkor dans google images, les photos parleront d elles memes, en atatendant mes milles cliches empreints de mystere, de senteur, de beaute pure). Il faudrait une semaine pour tout voir, ou plus. En trois jours de velo, nous avond parcouru environ 150 kilometres, trempes de sueur, attaques par des moustiques feroces, se faisant accoster a chaque temple par des enfants nu pieds, vendant toute sorte de souvenirs, bracelets, livres, nourriture. Sans cesse. La mendicite fait rage, les mines anti-personnelles de meme. Tout est a un dollar, tout se paie en dollars, leur monnaie locale (le riel) ne valant que des cacahuetes. On echange euros contre dollars, on echange tout ce qu on trouve contre des dollars,  les enfants reclament un dollar pour se faire prendre en photos, et entament contre nous, dans le sable, avec joie, une partie de morpion redoutable a meme le sable, ou l on est surs de perdre a tous les coups.

Angkor et ses mille levers de soleil, que jaái regardes trois jours de suite en me levant a 4h, Angkor et ses touristes, mais qui ne perd rien de sa grace.

Il est dur d expliquer ce que l on voit ici, ce qui se degage de ses yeux, de ses rues, de cette humidite. Des corps secs, ravages, reduits au minimum, la peau couleur argile foncee, une beaute a en couper le souffle, des histoires de famille dramatiques, les Khmers rouges ayant extermine de 1 a 3 millions de personnes pendant des annees sanguinolentes.

Presence francaise aussi, sous le protectorat, dont il reste quelques vestiges architecturaux, mais aussi la baguette, et les vieilles generations s exprimant dans un francais impeccable.

Ici, l ecole est un luxe, dont peu beneficient, les vies sont ecrites a l avance, le salaire moyen d un policier aoisinne les 50 dollars par mois, l anglais permet eventuellement de travailler comme guide et d arrondir ses fins de mois.  

Les vaches, sur les bords des routes de poussiere, conduites par des hommes sans chaussures, machettes a la ceinture, des rizieres sous la pluie chaude, des enfants qui courent et rient apres nos bicyclettes, des enfants qui suatent des arbres dans une eau marron et marecageuse, et qui prennent la pose lors de leurs plongeons, des motocyclettes ou lón grimpe a 6 dessus, toujours la nourriture partout, a meme le sol, la viande, les poissons, les marches odorants, la condition humaine, les moustiques et les fourmis gros comme des ongles, le bruit incessant de la rue, de la vie dans la rue, des scooters, tuk tuks et autres.

Des yeux marrons et noirs portant l intensite de la vie a la rude, des enfants au caca colle a leurs fesses, a la morve pendante, grandissant seuls, des hamacs ou on les retrouve dormir en attendant que la chaleur passe, mais qui ne passe pas, la beaute originelle du monde ici, les rires des gens qui se montrent toujours courtois, curieux, communicatifs.

La vie comme on devrait parfois se la rappeler: intensement tragique et dure, mais que le sourire des hommes en vie racheterai presque...

Je continue sur Phnom Phen demain. Je continue la decouverte de l autre, de moi, du groupe, de ce qu on ne devrait jamais perdre de vue.

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princessedubai 15/08/2009 23:15

dis donc c'est le guide michelin mâtiné du guide du routard ou quoi ?

jimmy 15/08/2009 02:15

Tout simplement "incroyable, Cambodge".