Le programme de la semaine passee

Publié le par Laurence Tissot

Me revoila. Seule, donc, du temps pour ecrire.

Je ne ferai qu'un resume de la semaine passee.

Changement de decor radical. La Thailande du sud.

Tout y est plus cher, plus chiant aussi. On se jette sur toi a l'aeroport pour essayer de t'arnaquer, mais c'est normal, tu es touriste, comme les centaines de milliers d'autres qui viennent envahir les belles plages du sud. On te pompe ton fric, on te met sur un bateau avec tous les autres cons, on t'accueille du bateau avec pancarte a la main, et on te fait croire qu'on te fait des super offres alors que c'est le piege a cons pour tous les cons.

Hotels et bouffe plus que moyens, c'est normal, en tant que cons, on va de toute maniere dans tous les restos pour cons, ou on paie comme des cons une addition de cons.

Phi Phi Island (prononcez pipi, meme si vous trouvez ca CON!). Un ilot paradisiaque, sable fin, roches abruptes avec verdure en prime, eau claire comme du cristal, coraux multicolores, paysages a couper le souffle (comme celui de La Plage, avec Leonardo Di Caprio, ile pour laquelle plein de cons s'ambraquent pour aller faire une photo de l'ile a cons). Paradisiaque, certes, mais exploitee a fond pour le bonheur des cons! Restaurants italiens, americains, tout est en anglais, tout est cher, surtaxe, fait pour happer le touriste. Une horreur en ce qui me concerne. Pas ete capable de trouver un pad thai digne de ce nom. Promenade en canoe. Vertigineux de beaute. Tout s'explique. Et tout a un prix. Le lendemain, ballade en mer a bord d'un vieux raffiot a moteur, visite de l'ile aux singes, ils viennent manger et boire dans ta main, et dans celles des centaines autres cons qui sont eux aussi arrives par bateaux, parce qu'au final, y'a rien d'autre a faire sur cette ile de merde; on continue les iles, on plonge, palmes, masques, tuba, on pique nique, on escalade, on se baigne dans des eaux pures bordees de falaises tout aussi spectaculaires les unes que les autres. Mais c'est beau. Mais c'est touristique. Leur anglais n'est pas forcement meilleur qu'ailleurs, mais ils ont appris les bons mots. Pas si cons!

Retour a Phuket (Patong Beach, plus precisement), paradis des bars, cafes, salons de massage, restos en tous genres, ou on se prelasse au milieu de la prostitution, entre deux baignades, parce que la encore, c'est la seule chose a faire, en attendant le nuit et ses vices en tous genres. Amsterdam fait office de monastere a cote. Choc en ce qui me concerne. Le sexe comme monnaie d'echange, c'est pas nouveau. Mais la! Travestis (on les appelle les Lady boys, ces hommes devenus femmes, de maniere tellement troublantes que tu ne sais jamais ce que tu ramenes chez toi!), jeunettes avec vieillards croulants, fillettes si tu cherches bien, et puis rabatteurs pour spectacles pornos et sordides, dont le clou est le Ping Pong show.

En quoi consiste le Ping Pong show? A chacun sa formule. On y va seul, en couple, en famille meme, j'ai vu.  Seul en tant qu'homme, on est sur de finir avec 5 filles frottant leur derriere et seins contre ton sexe, et proposant des passes en 5 minutes. Seule en tant que femme, j'ai teste, j'ai marche loin devant Mike, on m'agrippe, on me seduit, on me caresse (les femmes) je suis une cible potentielle et tout est bon a prendre. Surtout en billets. Mille, peut-etre deux mille femmes, hommes, melange des deux, vendant leur corps, leur ame, leur soeur, tout. Et ca marche, le tourisme a fond les ballons! On s'en amuserait presque si l'on oubliait le cote glauque que cela revet. Alors, ce ping-pong show? Eh bien, basiquement, des femmes, sur une scene de strip tease, avec des barres de strip, qui se dehanchent, nues, pas tres glamour, parlant entre elles, faisant cela comme je passe l'aspirateur, en se disant qu'elles feraient bien autre chose et qu'est-ce qu'elles vont bien pouvoir faire au petit a manger demain pour le pti dej. Et puis une, voire, deux, voire trois, qui font le show; elles se mettent des balles de ping pong dans le vagin et les ressortent en les placant sur une bouteille de biere, puis se tirent 15 metres de ficelle fluorescente du vagin, sous les yeux ebahis de monsieur Truchmuche et sa femme a la bouche pincee. Puis comme c'est tellement drole, quand meme, elle en rajoute; durant la soiree, elle sortira de son vagin; bananes, lames de rasoirs, bougies (meme pas allumees, je suis decue), crayons, poissons rouges (vivants, voila qui vient compenser), moineaux eux aussi vivants, etc, etc. Pendant ce temps la, les autres racollent, te vendent des bouteilles super cheres,  te niquent a l'occasion devant tout le monde, et enfin, tout le monde couche ensemble! Enfin plutot une nana au physique peu ragoutant, comme toutes les autres, qui se fait prendre en live, a deux metres de toi, par son copain Gege, et comme Phuket est une ville eminemment instructive, ils changent de position et d'angle afin que tout le monde en profite...

J'ai presque regrette mon ile pour cons...

Bref, en journee, visite de temples, rien d'exceptionnel compares au nord, et scooter tous terrains le long de toutes des cotes et des baies (presque) sauvages. Le vent dans les cheveux, a la Zizi Rider, a 90km/h, mon masque anti-pollution sur la gueule, sans quoi, tu creves asphyxiee au bout de 10 kilometres. Mais encore une fois, paysages idylliques, mer a 29 degres de jour comme de nuit, hiver comme ete, ca se laisse visiter et explorer.

Puis retour a Bangkok, Chinatown again, et enfin, le complexe royal, avec le grand bouddhah couche. J'en reparlerai dans un article special Bangkok, avec photos et tout le tsoin tsoin.

Epuisee de cette semaine entre cons, un autre rythme, un autre budget, un autre standing, d'autres rencontres. Ca ira pour moi, le sud.

Ce soir, je passe la nuit dans un paradis chinois, Un hotel de luxe, au coeur de Chinatown, le Shanghai Mansion, a la deco chinoise incroyable. Pour les curieux:
http://www.shanghaimansion.com/photo_gallery.htm

Hier, diner d'ailerons de requins, interdits a la vente en France et ailleurs. ici, on se fait plaisir pour 7 euros. Gout moyen. Degustation de homard, coques, maquereaux, poulpes, et autres rejouissances de la mer.

Toujours pas malade (meme si la bouffe degueu du sud m'a quand meme retourne l'estomac. Bah oui, je suis habituee a la vraie bouffe thaie, moi, maintenant! Alors quand a l'hotel, ils te servent un truc qui est cense ressembler a un toast, un truc qui est cense ressembler a du beurre, et un truc qui est cense ressembler a de la confiture, mais qui n'en sont pas, je digere pas!)

Mon 'bobo' jambinale n'arrive pas a guerir. Entre la chaleur, la transpiration, la pollution, c'est du pas joli. Ca prend son temps, dira-t-on.

Demain, depart a 5h du mat pour le Cambodge. Au programme: Battambangh, le site archeologique khmer d'Angkor, et Phnom Phen, la capitale. Traversee en bateau sur le Mekong, train bambou qu'on demonte et remonte quand deux trains se croisent, et autres croustillantes surprises a venir.

Moral: en berne.

La solitude de plein fouet a nouveau. L'angoisse de l'inanite qui reprend. Certainement commune a la condition humaine, mais plus percante lors de ces voyages extremes. Repartir dans une autre dynamique. Se reapproprier l'espace, le temps, le mouvement, la communication, sans un autre a ses cotes.

Une grande lassitude aussi. Immense dans cette Bangkok frenetique, odorante, ou la foule m'avale, et les bruits me recrachent. Il y a comme une angoisse a etre, comme une inertie delirante ici.

N'etre nulle part quelque part.

Je me demande comment tous les gens que je rencontre en voyage peuvent vivre cette vie depuis des mois, 6, 12, voire plus. Sans rien que leur sac a dos. Sans terre, ni reperes, ni freres, ni projection. Rien que de la nouveaute repetitive, acharnee, intemporelle, permanente.

On ne peut pas s'ennuyer de cette vie la, on ne peut que s'en lasser. La fatigue guette, le manque de responsabilites, aussi, l'oisivete. Que fait-on de la satisfaction, ou du moins de la necessite de travailler, de s'inscrire dans une dynamique de production, de services, du plaisir a 'faire' quelque chose.

Le concept de vacances et de voyage doit rester spatialement et temporellement ancre dans une realite objective. Sans quoi, on perd pedales.

Pour pouvoir partir encore et encore, il faut envisager ou et quand on reviendra. Meme si le retour n'est jamais quand et la ou on l'attendait.

Commenter cet article

jimmy 06/08/2009 00:30

Que de trucs a la con... Tu nous a pas habitué à ca. Mais c'est sur, d'autres pays t'ouvrirons d'autres horizons. Cette semaine à deux dans un sud pays à la con, à oublier.
En avant pour d'autres aventures.
Bises.

Papounet 04/08/2009 18:49

Voyager t'emmène ailleurs, te distrait parfois un peu, change rarement ce que tu es.
Et, quelque part, si ça reste une "action", c'est une action passive, pas créatrice.
On en recausera.
Bisounours