4 jours de retard...

Publié le par Laurence Tissot

... Et c'est l'enfer!

Il s'en passe des choses en quatre jours! Mille choses, sensations, anecdotes! Mille decouvertes, experiences, paysages, reflexions. Comme ce blog est dur a tenir a jour!

J'ai enfin pu mettre mes photos sur un CD, je vous en ai mis un petit panel. Mais il y en a 4000, et elles sont toutes plus interessantes les unes que les autres!

Alors, la derniere fois, je partais pour mon combat de boxe thai.
J'ai tout simplement a-do-re!
C'est une explosion de violence et de technique, au milieu d'un stade a l'ancienne, entre les odeurs de poissons, la sueur de ces hommes secs et petits, 50 kilos de muscles et de puissance, avec les cris des parieurs qui agitent leurs mains et hurlent a chaque coup de genou bien place. Je montrerai les photos, les videos, aux gens interesses. Mais quel spectacle! Telleemnt exceptionnel que j'ai remis cela deux jours plus tard!

Le lendemain, depart pour un treck (une randonnee, quoi!) de deux jours dans la jungle provinciale de Chiang Mai. Visite d'une papillonerie en chemin, ou les papillons depassent la taille de ma main, d'une serre d'orchidee, puis re-ballade a dos d'elephants, cette fois, j'ai pu m'asseoir directement sur la tete de l'elephant, a califourchon. Ca fait travailler les muscles des fesses. Par contre, quand ca eternue, c'est moins bien, car tu ressors trempee!

Avant d'entamer la montee de la mort qui tue, petit arret a des chutes d'eau naturelles. J'ai fait du toboggan, c'etait genial! Et bien sur, miss casse-cou, comme d'hab, a voulu faire comme les garcons; sauter du haut de la roche vers le petit trou d'eau ou s'ecrasent les chutes. Dans la serie, celui-la, faut pas que le rate, sans quoi, je m'ecrase litteralement contre la roche, 'ai passe l'examen! Tout le monde me regardait, le guide ne pensait pas que j'allais avoir le cran de sauter, et tout le monde a applaudi quand j'ai ressorti la tete hors de l'eau! comme c'est grisant!

Et puis c'etait parti pour une ballade dans la jungle tropicale. Enfin, balade... Tout est relatif. Plutot une ascencion astronomique, pentue, glissante, humide, avec tout le long la plus grosse suee que j'ai jamais eu. quelaqu'un a vomi, quelqu'un s'est evanoui, et on est tous arrives en haut, au terme de trois heures d'une mache silencieuse, a essayer de recuperer son souffle, trempes comme des soupes, puants, degoulinants, plein de gadoue et de piqures. Mais quel spectacle! Quelle ascension! Quels paysages! Quelles vues! Quelles odeurs! Un petit exploit pour tout le monde, sportifs et moins sportifs (nous n'avons grimpe que 5 kms en 3 heures, c'est pour dire!). Une superbe recompense pour chacun.

En haut de la jungle, un petit village sans pretention, fait de maisons en bambous, on l'on tire l'eau gelee a la pompe. On s'eclaire au feu de bois, on ne parle pas beaucoup, on cultive son riz et on regarde le jour suivant se lever comme depuis la fin des temps. Diner maison pour les survivants que nous etions. Puis feu de camp a l'interieur d'une maison en bambous, avec chansons Thaies, partages d'experiences et de sensations. Voyageurs d'un jour, de mois entiers, histoires simples et exceptionnelles. Horizons et ecoutes, anecdotes et partage d'une soiree.

Je m'endors a une heure, sur une latte de bambous dans un dortoir de 12 compagnons d'une journee, sous une moustiquaire rajoutant au pittoresque des lieux. Nuit agitee, pleine de reves et de cauchemars, une nuit vivante, acuite demutipliee. Levee 5h du mat, seule, a l'aube. Je prends ma camera et pars dans les rizieres. Spectacle de la nature reserve a une poignee, nuages cotonneux pris au piege entre deux montagnes de verts foudroyants, la rosee qui perce la chaleur, le chant de mille coqs au loin, tout pres, l'odeur des cendres eteintes, du jour qui pointe trop vite, des nuages qui luttent pour se defaire. Attente du lever des autres, jusqu'a 8h30. Petit dejeuner sommaine, douche glaciale sur la peau qui reapprend a savoir cela, le froid saisissant. Puis descente, dans le tropical chemin boueux, dangereux, mais plein de surprises. chutes d'eau, et mille arbres verdoyants. Dejeuner, fatigue, le corps qui se delasse aussi.

Puis une heure de water rafting, pas trop mechante, mais suffisamment excitante pour me donner l'envie d'explorer a fond ce sport. Enfin, ballade tranquille en radeau de bambous lond de 10 metres. La riviere coule comme le temps ou il fait bon de vivre.
Petite blessure, malgre tout. Je devais piloter le radeau avec mon long bambou, l'enfoncant dans les profondeurs de sable pour rediriger le cap, et mon pied est passe au travers de deux bambous, laissant ma cheville tres gonflee et ma jambe ecorchee sur tout le mollet. Mais rien de mal.

Retour a Chiang Mai, extenues, ou notre groupe soude, international, se promet de se reunir le soir pour un pot. Je ne me joins pas a eux, je prefere la boxe thaie, decidement, a la biere et a la musique trop forte. Combat entre Francais et Thais, ca crie, ca parie a gogo, la musique traditionnelle accompagne les lutteurs, l'homme se revele d'un esthetisme puissant dans ce sport. Je finirais ma soiree, et toute la nuit, a deambuler dans les rues de Chiang Mai, avec les deux boxeurs francais. Grand moment de partage, de confidences, de rires. Comme il m'est doux, et violent, ce retour a mon pays a travers eux. Je les laisse a l'aube, sans rien d'autre que le souvenir de notre nuit brulante dans une ville de moiteur, pour partir vers Pai. Je souhaite mon retour a ma solitude. Je n'ai dormi que 4 heures en deux nuits. Je divague, le corps me brule de la montee, de la descente, de l'ivresse, de la chaleur, de la fatigue, de je ne sais plus. Je laisse couler la journee a Pai, ville sans grand interet, mais facile a dompter du haut de ma bicyclette que j'ai bien du mal a faire avancer.

Moment de grace ce matin, dans un bus blinde, sans amortisseurs, au milieu de ces gens du nord au type mongol, le tient mat, les cheveux sales, les vetements aussi, les bebes aussi. Une route serpenteuse qui ne cesse de vouloir monter, mon corps extenue, l'esprit simple, bouleverse par ces villes et ces montagnes, ces silences et ces partages, cette sensualite a l'extreme, le choc des cultures et la paix de ces gens, simples, modestes, la vie qui passe comme elle est, sans rien d'autres que cela, la vie.

Les images se percutent dans mon monde mental, les jeunes garcons nus d'hier soir, prostitues faussement heureux se jetant au cou des blancs comme la peste, les femmes aux longues jambes, inversement proportionnelles a leur jupe, l'alcool cher et plus fort qu'en Europe, le sexe, l'innocence, la nourriture partout, ses relans, ses echos, ses embruns, les couleurs comme des moissons, les jeunesses et vieillesses, les pluies d'en bas, les infinites de personnalites, de sensibilites, les courages et faiblesses, l'amour souvent, le concret et l'irreel, le physique et le spirituel, le crepitement du monde enfin, dans la fumee, les chemins de terre, les sourires sans dents, les amities, les corps secs, le climat insolent, l'exploration infinie.

C'est tout cela, voyager.

On en fait, du chemin, a s'ecouter vivre.



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jimmy 27/07/2009 14:20

Encore une fois j'ai marché, escaladé, boxé, dormi, revé, rencontré, senti, mangé avec toi. En tous les cas tu m'as donné l'envie de partir. Alors je vais suivre tes conseils et qui veut peut. J'ai envie de partir avec mon fils pour lui apprendre la vie. Encore merci. Bises