Mon premier semi-marathon

Publié le par Laurence Tissot

Et voilà, c'est fait!

Après une attente interminable, et 21,5 kilomètres, je suis venue à bout de ce semi-marathon!

J'annonce tout de suite la couleur: j'ai DETESTE! Que je me fasse bien comprendre: c'est un beau sport, challenging, qui requière de grandes capacités physiques et mentales, et je respecte profondément les coureurs, marathoniens, triathlètes et autres masos que je salue bien bas ici. En ce qui me concerne, ça sera le premier et le dernier!


D'abord, je ne sais pour quelle raison, je n'ai jamais autant stressé. J'ai passé ma dernière semaine à pleurer, à faire des crises d'angoisse. Je ne sais pas pourquoi! Cela m'a complètement paralysée! J'ai même eu un accrochage la veille, tellement j'étais stressée! Alors je ne sais pas vous donner d'explications, je pense que j'ai regroupé beaucoup de peurs ancestrales dans ce semi-marathon, et que je présageais sûrement déjà que ce n'était pas mon truc.

Les conditions étaient les pires. Je n'ai pas pu courir pendant 10 jours avant le marathon, et les deux semaines précédentes, je n'avais jamais dépassé les 17 kms. En gros, je suis arrivée le Jour J sans entraînement, et sans avoir jamais couru la distance entière! Mais bon, comme chacun me le disait quand je me mettais à pleurer, fais-le pour le fun! Et ils avaient raison! Bref, j'en parle beaucoup car j'ai mal vécu l'avant-marathon. Voyant mon stress, Zeev, le fils de la famille avec qui je m'entends super bien me propose de partir la vaille au soir sur Raz-al-Khaimah, 3 émirats au nord de Dubai, pour ne pas avoir à se lever à 4h du mat le Jour J, pour une convoc à 6h.
Je trouve l'idée géniale, histoire de réduire le stress inhérent à la conduite, trouver le lieu, être à l'heure, etc. Surtout que je ne suis pas une matinale du tout!

Bref, je comptais me coucher à 21h pour me lever à 5h30 et ainsi me reposer, mais Zeev n’était prêt qu’à 20h30 ! Du coup, on est arrivés à l’hôtel à 23h, après avoir avalé des nouilles de station service. Mon stress montait. Et là, le pire arrive. L’hôtel de passe bon marché perdu en plein milieu d’une ville de merde s’avère être un night club ! Musique à fond avec bass à fond ! A minuit, n’en pouvant plus, je décide de quitter l’hôtel, quitte à dormir dans la voiture. On appelle 10 hôtels, tous complets. Enfin, on trouve un hôtel potable, il est 1h30 quand je pars me coucher, soit 4h de sommeil. La frustration et la colère font rage en moi.


Le lendemain matin, je vais mieux. J’y suis enfin, mon stress accumulé depuis 2 semaines semble s’être dissipé. J’ai toujours une douleur au genou latente, mais j’ai mis mon elastoplaste magique.


Un moment de grand bonheur, le lever du soleil :

 

J’admire les coureurs professionnels s’entraîner, les champions du monde, lKenyans et Ethipiens (les 30 premiers au final, dont la plupart ont couru aux Jeux). Echauffemnt : jogging d’une heure à petites foulées. Je me marre.


La course en elle-même peut se résumer ainsi :



Les 2 premiers kilomètres très vite. Les 8 suivants à me demander pourquoi je suis là, mon dieu que ça va doucement, mais qu’est-ce que je fous là. A 11 kms, alors que j’ai envie de m’arrêter, je me dis que j’en ai juste fait la moitié. Le moral n’est pas au beau fixe. Le problème, quand j’écris cela, c’est que 11 kilomètres, ca parait rien. Mais c’est très long finalement. Très très long. Heureusement, il y a des points d’eau tous les 3 kilomètres, ça me distrait un peu. J’attrape les bouteilles, m’en badigeonne, crache impunément, et jette la bouteille avec les 300 autres le long de la route. Le tout en maintenant ma vitesse. A 11 kms, c’est le drame : alors, comment dire, désolée si je vais un peu casser le mythe Laurence Tissot, mais bon, parlons franc, une diarrhée monumentale me foudroie. Je rassure tout le monde, j’ai pu retenir les dégâts, mais courir 11 kilomètres avec des crampes au ventre intenables, et en te disant que si tu te « relâches » deux secondes, ton mini short ne cachera pas ta honte absolue, c’est très très long. Normalement, quand je m’entraîne, j’ai  toujours la diarrhée après courir entre 13 et 17 kms. Mais ça vient après mon entraînement ! C’est diurétique, c’est prouvé. Mais jamais pendant ! Autres inconvénients dont on ne parle pas (mis à part le tassement des vertèbres dorsales et le choc terrible qu’amortissent les genoux), ou du moins, que moi j’ignorais avant de me mettre à courir sérieusement : les brûlures. La première fois, je me suis faite avoir : l’entrejambe en feu, l’entre soutien-gorge en sang, les bras tout écorchés, et des brûlures entre les fesses. Depuis, je mets de la crème Nok pour coureurs (merci, Claire !), sorte de vaseline hyper efficace. Mais j’ai quand même des marques encore un peu. Bref.


J’arrive à 17 kms, de grands moments de solitude. Le circuit, je l’avais en tête. Et je savais qu’on revenait par là où on était partis. Et quand au bout de 12 kilomètres, on voit déjà les autres revenir (même s’ils sont Kenyans et qu’ils courent à une vitesse olympique), ça fout un coup au moral. Et on se demande où est le demi-tour. On aperçoit un rond-point, on se dit que c’est là qu’on fait demi-tour, car faut se retaper tout le chemin à l’envers. Mais non, Ca continue tout droit, sans fin. Et un autre rond-point. 4 au total, 6 kilomètres de torture intestinale. 17 kms, donc, mon maximum jamais atteint à l’entraînement. J’en ai marre. J’ai envie de jouer au bad, de me faire du mal pour quelque chose qui résonne en moi. Je m’arrête 30 secondes. Le corps ne répond plus. Ca fait mal. Et je repars. A 20 kilomètres, tout me fait chier, je me demande vraiment pourquoi je fais cela. J’essaie de continuer à mettre un pied devant l’autre pour des combats qui me tiennent à cœur, pour ma grand-mère, pour les filles, pour les gens qui m’ont encouragée à le faire et qui ont vu mon état de nerfs dernièrement.

Je vois la ligne d’arrivée, c’est chouette et loin. Mais cela n’efface pas mon mauvais moment passé. Je décide d’accélerer un  peu, je passe la ligne, et voilà.

 

Resultat : 1h50. Un résultat excellent. Sachant que mes objectifs étaient de le finir, et si possible entre 2h et 2h10. J’ai même reçu mes temps de passage, j’ai couru à une vitesse moyenne de 11,72 km/h, mieux qu’à l’entraînement où je mettais le tapis à 11 km /h. Et ma vitesse est incroyablement stable : 11,5km/h les 5 premiers kilomètres, 12 les 5 suivants, puis 11,84 et enfin 11, 53.

Je suis super contente de moi. Très, sachant que j’avais dormi 4h, suivi un régime pas très adapté, eu mes règles le Jour J, une diarrhée monumentale, et un stress infondé. C’est une grande satisfaction pour moi. Et aussi la certitude que je n’aime décidément pas courir. Je me remettrai à la boxe. Et au bad, qui me manque. J’ai trouvé quelqu’un pour jouer avec moi, mais il semble qu’il veuille plus que jouer avec moi sur le court, et je sens qu’il va encore falloir que je mette un point à cette histoire.


Voilà, à quoi je ressemble après 21,5 kms :


Pour info, le record du monde à été battu pour le semi-maraton: 58 minutes pour le premier, (1h08 pour la première ). Le dernier a conclu le défi en 3h31. Je suis pour ma part 333 sur 978 (mais bon, faut enlever la quarantaine de coureurs professionnels!)


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Rémi 28/08/2013 23:17

Bien joué !! Super performance ! Tu peux être fière de toi =) Je tente aussi le semi-marathon dans 3 jours mais sans aucune préparation (bien que je sois sportif à la base), juste pour voir si je
suis capable de le finir ^^. J'ai un objectif maintenant: faire mieux que 1h50 ;)

cath 02/03/2009 12:58

ma toute belle,
une question en REregardant ton blog : les enfants sont loués ? pour les photos ?

Claire 26/02/2009 15:46

T'as vu comme les gens sont sympas, personne n'a osé faire de commentaire déplacé sur ta trottinante aïgue...
Mais tu me connais, moi je mets les pieds dans le plat, alors je concluerai pas un jeu de mot de très bon goût; y a pas à dire, la course à pied c'est chiant!
Et bravo pour ton super chrono

coco 25/02/2009 19:53

Félicitations pour cette performance et surtout pour le "coeur croisé de playtex" que tu laisses apparaître sous ton t-shirt blanc.....
:-)

jl 24/02/2009 13:53

Bravo pour la perf!

au plaisir de te lire et de te relire...

jl