Le Miraj Islamic Center

Publié le par Laurence Tissot

J'ai déjà rédigé cet article hier pendant 1h30, avant que mon ordinateur, qui ne ventile plus, décide de s'éteindre pour maintenir le système en vie, et aplatir mes nerfs en bouillie alors que je mettais le point final à un article particulièrement cousu des vers.

J'y mettrais donc certainement un peu moins d'énergie ce soir, et m'enexcuse.

Le Miraj Islamic Center porte bien son nom. C'est un mirage. Islamique.
Je voulais, sotte comme je suis, tenter une nouvelle fois un musée, dont j'avais eu bonne presse. Ou du moins, dont Dubâï se vante. Comme quoi, l'expérience ne m'apprend rien! Je n'ai pas été déçue du voyage!

L'extérieur aurait pourtant dû me mettre sur la voie! Ca ressemble à cela:


Oui, vous voyez bien, derrière le KFC, c'est le centre culturel. Belle métaphore de ce formidable pays attaché à sa culture plutôt conservatrice mais qui s'affiche occidental dans tout son versant négatif!

Bref, l'intérieur ne valait pas mieux niveau qualité que la bouffe chez KFC.

Je rentre, visiblement, il y a foule au portillon, car les 20 employés du musée me regardent comme la Vierge Marie. Ou Fatima, au choix. L'entrée est libre. Ouaouh, bah heureusement, sinon, j'aurais fait un scandale pour me faire rembourser!
Un type se propose d'être mon guide. Je me dis chouette! Erreur! Fier de lui, visiblement heureux, ému, la larme à l'oeil, il s'avance et commence son discours. Je m'attendais, avec mes bons vieux réflexes, à des informations historico-culturello-socio-artistico-interessanto-domingo, mais que nenni! Ce fanfaron m'accueille par so discours aussi rodé qu'inattendu: "Bienvenu au musée, fierté de Dubaï. Ici, tout ce qui est exposé est à vendre, nous acceptons toutes les monnaies, ne chargons aucun extra pour les paiments en cartes de crédit et profitez de nos 25% actuels sur l'ensemble des pièces, avec livraison par bateau incluse." Sourire jusqu'aux oreilles.

Il m'a sciée. On était mal barrés.

Bref, je ravale mes expectatives et décide d'en finir au plus vite. Je m'attarde sur un tapis iranien brodé de pierres précieuses. Il me saute dessus: 25000 dollars? Je joue le jeu, je négocie. Avec tout le jeu de sous-entendus dont il attend de ma part, femme de la white supremacy, donc potentiellement riche et soldable. 24000. Pas fous, ces Romains d'Orient!

Le musée s'avèrera aussi pathétique que le discours de bienvenu. Le mec me suit à la trace et me rappelle terriblement le gars de l'autre musée d'Al Ain, à propos duquel les fidèles se rappeleront ma mésaventure. Je le surveille du coin et me penche sur un jeu d'échec en marbre. "Belle pièce", soufflè-je. "Pas autant que vous, madame." Et le mec commence à partir dans son délire, qu'il quittera tout pour moi, qu'il viendra me suivre à Paris (oui, à l'entrée, on m'avait demandé ma nationalité), et autres horreurs. Je crois rêver. Ou plutôt, le cauchemar recommence. Ce qui me fait me demander si c'est moi qui suis un aimant à pervers, ou si c'est le système et leur éducation qui en fait des détraqués prêts à se jeter sur la première femme qu'ils perçoivent dans leur imaginaire collectif comme une femme aux moeurs débridées.

Bref, je me débarasse de mon potentiel violeur en changeant d'étage. Et là, comité d'accueil de 10 philippines, au taquet, qui ont l'air connes comme c'est pas possible (décidément, je vais vraiment me faire passer pour une raciste!), prêtes à me vendre toutes les étoffes qu'ils exposent comme des oeuvres d'art. Et là, c'est le pompom! L'une d'entre elles me suit à la trace, je stoppe, elle stoppe, je feins de faire un pas, elle se fait avoir, je pète, elle retient son souffle. Et je n'exagère que peu! IN-SUP-POR-TA-BLE! Avec en prime pour ma patience des talons qui font du bruit! Au bout d'un moment, je n'en peux plus, je me retourne et lui demande pourquoi elle se sent obligée de me filer à la trace version panthère Rose sonore. "C'est pour mieux vous renseigner, mon enfant", dit-elle calculatrice à la main. Ah ouais? Sur quoi? Le prix de la barka en soldes?

Allez, j'ai tourné talons et fui cet enfer, promettant de ne plus me laisser avoir par les tentatives des magazines, guides, brochures, faisant l'éloge de la vie culturelle à Dubaï. De la merde en boîte. Mais une boîte en or. Pauvre d'eux!

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virginie 17/02/2009 01:14

laurence bonjour,
J'ai parcouru rapidement ton blog et je crois sincèrement que tu devrais rentrer en France, car tu ne fais que critiquer, incriminer, ce qui de la part d'une française ne m'étonne pas outre mesure. Enfin ne généralisons pas car je suis ravie de lire d'autres blogs français où les auteurs ont l'air de s'apanouir ds ce pays "dénué d'âme". Petit message from Paris où on ne parle que de crise, baisse de pouvoir d'achat, et moral des français en berne. Amitiés.

jimmy 16/02/2009 22:47

tu as du confondre dans la brochure. Tu as regardé dans la rubrique magasin de souvenirs, pas musée. A part dans les publicités ou on te fait miroiter un Dubaï richissime et hyper développé, dans la vie c'est tout autre. Si nous n'avions pas une taupe sur place nous pourrions y croire....

Papounet 16/02/2009 22:38

Mais si, à la prochaine pub bien conne pour un truc bien con, vas-y ! Et raconte-nous.
Bon, faut que j'aille me changer, tellement je me pisse dessus à force de rigoler.
Bises
Your pap

cath 16/02/2009 21:32

bonsoir, Laurence, c'est un musée ou un centre de vente d'artisanat en tout genre, avec gardien mal embouché et vendeuses sangsues en prime ? derrière un kfc clinquant, on pouvait s'attendre à tout,décidément, les mondes sont différents, mais tu racontes toujours ausssi bien, on s'y croirait.