Alors ca, c'est bien la Secu! Ca rentre pas dans les cases!

Publié le par Laurence Tissot

Je me frotte les mains. Plein d’articles en perspective, après une période de silence bien méritée… Je commencerais donc par mes petites anecdotes dont je rafolle. Je suis allée à Abu Dhabi, où j’ai eu l’occasion de visiter une autre salle de sport. Et à ma grande surprise, j’ai découvert que l’hygiéne ne va vraiment pas de soi au pays de l’or noir… Partout, des panneaux, affichettes, pancartes, invitent le client à prendre régulièrement des douches, ou à au moins conserver un semblant d’hygiéne, pour, comme il est dit mot pour mot, éviter les odeurs désobligeantes qui rendent l’entrainement quelque peu désagréable… J’étais scotchée, je dois dire. Mais j’ai vite vérifié que ces panneaux étaient bien là pour quelque chose… Oh purée! Nous ne sommes pas tous égaux devant les odeurs corporelles… Vive la fraicheur Narta!!!

C’est une chose dont j’avais oublié de parler lors de mon séjour à Londres. Quand je parlais des differences entre les Fitness First de Dubai et celui de Londres. Les vestiaires. A Dubai, il est interdit de montrer son corps dans les vestiaires. Il est prié de s’enrouler dans sa serviette, et d’utiliser les cabines prévues pour se changer. De manière générale, tout le monde respecte cela. Meme si un sein s’échappe parfois entre la serviette coincée entre le menton et le cou, et le string qu'on n'arrive pas à enfiler comme il faut car on est encore mouillées en sortant de la douche. Les filles comprendront. A Londres, je me souviens avoir été choquée par le manque de pudeur des filles. Je les trouvais vulgaires, voire grossiéres. Toutes à poil, sans retenue, et en plus, pas belles. Si encore c’etait des bombes… Et je me souviens m’etre fait la reflexion qu’un peu de pudeur était en effet la bienvenue…

Autres difference: aux EAU, un jour par semaine, la salle de sport est fermée pour les messieurs, pour permettre aux ladies de venir s’entrainer. Je rassure tout le monde, il n’y a pas foule ce jour-là… A Dubai, on vient d’ouvrir un Fitness First juste pour ces dames. Interdit aux hommes. Tout comme les parcs aquatiques, les piscines, les parcs municipaux, bref, tous les lieux de loisir et de détente. Fermés un jour par semaine aux hommes. Certains y verront un privilege. J’y vois une segregation sexiste primaire. Chacun son point de vue.

 

Je continue dans l’hygiène et les anecdotes. Ce pays a un côté hyper agréable que j’AAAAAADDDDOOOORRREEEE! L’accès aux medicaments. Je me rends dans une pharmacie, et juste en demandant, car j’ai dit S-il-vous-plait monsieur, je suis repartie avec mon medicament pour la thyroide pour six mois (je rappelle qu’en France, je dois aller consulter un généraliste, lui demander d’écrire sur l’ordonnance ‘A délivrer en une seule prise pour cause de départ à l’étranger’, puis envoyer l’ordonnance à mon centre Sécu qui fera passer le cas en commission, me renverra l’ordonnance, m’autorisera à prendre des médicaments pour 3 mois, alors que j’en ai demandé pour 6, et rebelotte chez le Pharmacien, qui doit demander l’aval du centre Secu où je suis rattachée). Du coup, j’ai explosé mon stock de pillules. Mais pas seulement. Je suis repartie avec des anti-inflammatoires, des anti-analgésiques, des antibiotiques à gogo. Pas besoin d’ordonnance. Ovules pour les mycoses, médocs pour les cystites (les femmes qui en ont déjà eu et qui ont du attendre 24 à 48h pour ce fameux rendez-vous chez le gynécologue afin d’obtenir ces fameux ovules ou pillules comprendront mes larmes de Bonheur), et meme si j’avais voulu, Viagra et tout le reste! J’ai demandé. Je peux tout avoir. Ce qui est absolument genial, et absolument hyper dangereux. Dans la mesure où les pharmaciens ne sont absolument pas diplomés!!!! Ils ne savent meme pas ce qu’ils me vendent! J’ai fait des tests, posé des questions, et je peux vous dire qu’ils s’y connaissent en medicaments comme moi je m’y connais en chimie nucléaire! C’est honteux et catastrophique. Mais m’en fous, j’ai mes médocs pour mes six mois à venir!!! Vive le j’en-foutisme! Vive Dubai!

 

Je finirais mon article La santé à Dubai, avec ma propre santé. Derniérement, je n’arrivais plus à lire l’arabe sur les panneaux de signalisation. Je me suis donc dit, merde, soit faut vraiment que je me mette à l’arabe un de ces jours, soit faut que j’aille faire vérifier ma vue! J’ai pris l’option deux, car surprise, pas besoin de prendre rendez-vous chez l’ophtalmo ici!!!! Eh non! Finis les six mois de délai, les secretaires qui te répètent, 'Mais ma pauv’dame, je n’ai plus de place avant 2010 moi! Que dites-vous du lundi 10 mai 2010, à 10h15?' Bah euh, laissez-moi verifier mon agenda sur mes trente prochaines années… Fini tout ca! Over! Dubai a inventé LA solution! (Fallait bien que ce pays est quelque chose d’autre que l'unique avantage de ne pas avoir d’impôts, pour qu’autant de bouffons comme moi vienmnent s’y installer!) La solution? L’ophtalmologue est l’opticien! Il est donc dans sa boutique, il t’emmène dans son arriére-boutique pour tester ta vision, et hop, dans la foulée, tu choisis la monture et c’est parti mon kiki! Je pense sans mentir avoir frolé l’orgasme organisationnel…

Alors, la bonne nouvelle, c’est que ma myopie de taupe octagénaire n’a pas empiré. La mauvaise nouvelle, c’est que je souffre désormais d’astigmatisme!!! Mais pas léger attention, astigmatisme moyen, moi monsieur, et comme ca, hop, d'un coup! Alors, d’abord, je dis que moyen, c’est pourri. Je n’ai jamais eu des notes moyennes, et je vois pas pourquoi je conmmencerais maintenant! Et ensuite, je dis que ca fait chier, car je comptais me faire opérer, et finies les lunettes, les éternelles lunettes! Bah c’est foutu… Car meme si je passe au laser, il faudra quand meme que je porte des lunettes pour l’astigmatisme maintenant! La nature est mal faite. Un corps de reve, et une vision pourrie… (J’emploie l’humour, comme chacun l’aura remarqué. Humour qui n’a visiblement pas fait rire mon ophtalmologue francais, lorsqu’il m’avait dit, je ne veux pas vous opérer tant que vous n’avez pas eu votre premiere grossesse car le taux hormonal fluctue et vient modifier la vision chez certaines femmes. Conseil avisé auquel j’avais répondu, pleine d’humour subtil et délicat, que ses changements hormonaux, j’allais les lui carrer où je pensais s’il ne m’opérait pas pour des raisons aussi triviales qu’inapplicables à moi, dans la mesure où je n’envisageais pas de grossesse, désirée, indésirée, ou autre?ne se prononce pas).

Bon, mais je m’en remettrais, après tout, le parcours optique est tellement facile ici que j’ai ma petite consolation! Ah, la Sécu, quand tu nous tiens!!!! (Petite dédicace à ma cops poissonnière!)

 

 

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cath 26/10/2008 15:23

pas de sécu mais apparemment pas vraiment de médecine, telle qu'on l'a consoit ici; si les médicaments et les lunettes soient moins chers, pourquoi pas mais cela repose cependant sur des commerçants, pharmaciens ou opticiens assez scrupuleux;
quant aux journées "résevées aux femmes", dans le métro du caire, il y a des rames réservées aux femmes, j'avais trouvé cela étrange mais reposant, et cela piaillait, surement différent que s'il y avait eu des hommes qui regardent autrement les femmes qu'en occident,
à bientôt laurence

Papounet 26/10/2008 00:49

Contents de te voir, ma zouz ! Contents avec un "s", parce qu'on est plusieurs. On doit même être des chiées, c'est dire !

Alors, petit tour d'horizon.

L'hygiène, pour nous aujourd'hui si ordinaire, ne l'a pas toujours été avec la même évidence. En France, jusqu'à la guerre, les salles de bains, voire simples salles d'eau, étaient plus considérées comme un luxe qu'une nécessité. Les riches en avaient, car elles faisaient partie de leur standing, mais ils ne les utilisaient pas pour autant avec toute la spontanéité qu'on pourrait le croire. L'objet était là, disponible, mais son usage n'en était pas pour autant passé dans les moeurs de façon systématique. Quand aux pauvres, aux laborieux des villes et des campagnes, c'était l'eau dans l'arrière-cour, qu'il fallait monter au sixième dans un broc par l'escalier de service, ou le puits, la source, d'où l'on tirait quotidiennement les seaux nécessaires à la cuisine, la toilette, la lessive. Paradoxalement, c'étaient les plus sales, les mineurs, qui se lavaient le plus, obligés quotidiennement de se décrasser du charbon qui les transformait en gueules noires. La reconstruction de l'après-guerre a commencé à inclure de façon systématique l'accès à l'eau courante vers la cuisine ET une pièce "de toilette" - baignoire, douche, simple lavabo - car la technique de construction a évolué en parallèle de la gestion communale de l'eau, définitivement intégrée comme critère de développement, d'une part, et la reconnaissance sociale d'une hygiène corporelle comme prévention importante dans nombre de maladies contagieuses et autres saloperies contaminatoires est venue s'intégrer dans les moeurs, d'autre part. C'est la synchronisation des deux à un moment où tous voulaient aller de l'avant, vers quelque chose de nouveau, qui a facilité l'intégration rapide de cette nouvelle habitude dans le comportement individuel. Disons pour être a peu près calé dans le temps, que tout cela s'est mis en place au cours des années 50-60. Pour te situer le problème, quand nous sommes arrivés à Créteil, la maison n'avait qu'un cabinet de toilette avec un lavabo, et Mamie nous lavait, Claude, Jean-Jacques et moi, dans un tub, au milieu de la cuisine. Elle versait l'eau du broc qui chauffait sur la cuisinière de l'époque, dont je ne me rappelle pas, et après nous avoir copieusement savonnés, elle nous rinçait avec le reste du broc. Il doit y avoir quelques photos de genre dans les albums. Ce n'est qu'après qu'il y a eu une baignoire dans le cabinet de toilette, qui n'a jamais pu être agrandi, au grand dam de Mamie.
Cela dit, pour revenir à ceux qui puent le fäennec, par manque d'hygiène ou malgré eux - on ne choisit pas l'odeur de sa peau, de son corps, surtout si elle est forte et désagréable -, c'est vrai que ça atteint parfois l'insupportable. J'ai quelques souvenirs militaires de chambrées de 8, 10 ou 15 gars, certains jours, l'opération de déchaussage au retour d'une marche particulièrement "virile" - 30 kilomètres sous le soleil, avec merdier sur le dos et chierie de flingue encombrant à trimbaler - s'apparentait à une arme de destruction passive. Y'avait intérêt à ouvrir les fenêtres et retenir sa respiration jusqu'à ce que tout ce petit monde passe à la douche. Putain, j'aurais pas voulu travailler à la blanchisserie du régiment !

Alors, Dubaï, c'est cinq ou six jours pour les hommes, et un jour pour les femmes. Piscines, salles de sport, centres commerciaux. C'est tout ce qu'ils ont trouvé, c'est tout ce qu'ils peuvent faire pour arriver à partager les mêmes lieux : ne pas y être en même temps. Finalement, ils ne peuvent pas se voir, aux deux sens de l'expression. Ils se voient en privé, ils cohabitent parce qu'il faut un minimum de proximité quand on vit ensemble et qu'il n'y a pas d'autre moyen que de vivre ensemble quand on veut continuer à se reproduire, mais comme ça n'a pas besoin d'être étendu à la société, on ne le fait pas. Le monde est définitivement coupé en deux sexes, point. Déjà, il y a les riches les pauvres, les autochtones les étrangers, ça fait une caste de plus. L'ostracisme sexuel, ça craint. Mais comment une croyance religieuse, si c'en est la raison, peut-elle pousser à une telle absurdité ? Comment des hommes peuvent-ils la suivre ? Comment peuvent-ils ne pas vouloir vivre de façon plus naturelle, tous et toutes ensembles, au même moment, au même endroit ? Ils ne s'aiment pas ? S'ils s'aiment, comment peuvent-ils supporter cette frustration qu'est cette séparation ? Quel équilibre peuvent-ils avoir dans un monde aussi déséquilibré ?

Le pharmacien qui ne sait pas ce qu'il te vend, ça responsabilise. T'as intérêt à savoir ce qu'il te faut, donc ce que tu as, et si ça t'oblige à bien lire la notice pour t'assurer que c'est adapté à ton problème, que c'est le bon truc qu'il te faut, c'est pas plus mal. Si ça peut éviter quelques abus, ça ne compense pas forcément les erreurs, mais Allah reconnaitra les siens.

Quant à ton ophtalmo français, ah! que j'aime ton "humour subtil et délicat", surtout dans sa forme "expression orale". "Bavardement", si tu préfères.
T'explique très bien, ma zouzouille, continue, on t'écoute.
Et on t'embrasse plein, toutes et tous, y compris les autres, c'est dire !
Your pap