Philippines, considérations générales

Publié le par Laurence Tissot

Désolée de mettre du temps à vous parler de ce dont vous avez réellement envie d’entendre. Le rythme qui est le mien ces jours-ci ne me laisse guère de répit. Mais je ne me plains pas, j’adore être seule avec les filles, elles sont tout simplement adorables… Bon à part la petite, qui cette nuit, s’et réveillée à 2h30, et ne s’est rendormie qu’à 6h !!! Sa grande sœur a pris le relai à 7h du matin… La nuit fut donc courte, et les jours sont longs, très longs ! Vive l’école et Jules Ferry !

 

Juste avant de commencer, une petite anecdote : à mon retour des philippines, Valérie m’a généreusement fait profiter d’une heure de cours particulier de golf, car elle ne pouvait pas prendre la leçon… Vous pensez bien, c’est une opportunité qui se présentera une fois dans ma vie, alors le temps d’une heure, j’ai joué aux grands de ce monde, en partant en Jaguar pour ma leçon de golf avec Justin… Ca fait cliché ? Tout à fait !

La preuve en images..

 











Bon, mais passons au vif du sujet. Que dire des Philippines, en général ? mon impression n’a pas été des plus favorables, je ne m’étendrais donc pas spécialement sur la question, par respect pour les gens qui ont la gentillesse et la générosité de m’accueillir.

 

 

 

Déjà, j’étais la seule blanche dans l’avion, et j’oserais même rajouter la seule blanche parmi une armée de petites personnes… Je ne peux m’empêcher, en examinant leur visage, de me remémorer les lithographies et autres images que j’ai étudiées au cours de mon cursus hispano-américain, où l’on peut voir les populations indiennes autochtones pré-colombiennes… Les Philippins sont pour moi cela : un héritage des Indiens d’Amérique, mixés à de longs siècles d’occupation hispanique et saupoudrés de traits asiatiques, japonais particulièrement. Mélange intéressant. Tout en eux rappelle l’incarnation de ce mélange. Leur faciès, leur taille, leur couleur de peau, mais aussi et surtout leur langue, le tagalog, que j’aime qualifier de « mélange d’espagnol et d’anglais avec des ng au milieu »… Beaucoup de mots sont hérités de la longue colonisation hispanique, et l’anglais prédomine un peu partout, tout naturellement. La télé, la radio, les signalisations routières, les menus, tout est en anglais. Tout le monde parle anglais, plus ou moins bien, mais tout le monde sans exception, même les personnes de modeste éducation ou encore les enfants. Un exemple pour notre pays. Rien de comparable, en effet. Le français est une langue de culture, d’héritage historique, linguistique et culturel immense, une langue nationale forte, prédominante, mais je pose la question suivante : perdrait-on beaucoup de notre langue à nous familiariser plus tôt avec l’anglais ? Cela nous éviterait de passer pour des débiles mentaux réfractaires et être la risée de tous dès que l’on sort de notre petit hexagone… A méditer.

 

Arrivée à l’aéroport : il fait chaud, humide, sale, et noir. Voilà la sensation que j’aurais tout au long de la semaine. Une chaleur qui serait supportable (en comparaison avec Dubaï), s’il ne pleuvait pas continuellement. Résultat : tu mets le pied dehors, tu es poisseux en moins de temps qu’il le faut pour l’épeler. La première chose qui me frappe, même si on m’avait prévenue, c’est l’obscurité régnante. Pas d’éclairage public, ou très peu. Je vous assure que cela fait bizarre. J’ai déjà fait plusieurs pays du Tiers Monde, mais pour moi, les Philippines sont l’incarnation de la pauvreté à l’état pur. Comme je l’ai dit, j’épargnerais les détails désobligeants.

 

La monnaie est faible, on s’en serait doutés, l’air conditionné un luxe, les Spas et autres centres beautés le sport national (après le karaoké), la nourriture bon marché, les fringues bon marché. C’est plus ou moins désorganisé, extrêmement pollué, dangereusement insécure, tant au niveau des personnes qu’au niveau du trafic, dont le mot « jungle » n’est qu’un euphémisme.

 

Les points positifs : de belles femmes (un peu dociles à mon goût), de belles plages (heureusement pour eux, d’ailleurs), une gastronomie délicieuse (bon, faut aimer le poisson et le riz au petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dîner…) Les fruits de mer sont aussi bon marché que succulents, je me suis fait éclater la panse de homard, de langoustes, de moules, etc. la vie semble s’écouler là-bas comme un long fleuve tranquille. On va travailler si on en a envie. Plus ou moins. De toute façon, rien ne marche, à cause d’une répugnante corruption qui plonge ce pays dans la misère économique et humaine, alors un peu plus, un peu moins… L’alcool est aisé, aussi, j’ai longuement hésité à la terrasse d’un café, entre un Sex on the beach, un Blow job (une fellation) et autres réjouissances linguistiques. Y’a moyen de se faire plaisir à tous les niveaux, faut pas être trop regardants sur tout un tas de choses. Faut aimer les chiens galleux. Faut aimer le désordre, la circulation, et chanter. Faut bien le dire : c’est le bordel, quand même. Mais oui, les plages de sable blanc et fin s’étendent sous les ombres bienveillantes des cocotiers, les colliers de coquillages ont 365 jours à l’année des airs de vacances dépaysantes. Les paysages ressemblent bien à ceux de Palawan dans Koh-Lanta, mais au moins, je n’ai pas dû me rationner en riz…

 

Le mieux reste encore que j’illustre le tout par les milles photos que je ramène de ce voyage. Un petit mot, toutefois, sur les gens : une grande timidité, d’abord, un art de vivre ensuite, on aime à la folie, on donne tout, on est entiers, on ne se pose pas mille questions, et on donne avec le cœur, on adopte rapidement, on partage, quitte à y perdre sa chemise. Une sincérité et une générosité extrêmes, donc.

 

Je vous laisse profiter des photos, qui restent encore le meilleur moyen de comprendre de quoi je parle.

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jl 22/05/2008 22:17

miss. tu es comme le bon vin, ton style s'améliore et est de plus en plus savoureux...

isabelle 17/05/2008 14:21

Juste un petit commentaire en passant: même si je suis plutot radine en commentaire (et encore plus loin derrière en e-mails)j'adore te lire, je souris et je m'attriste avec toi, je suis contente que tu vives de belles choses, continue!