Message de mon pap!

Publié le par Laurence Tissot

Merci, Pap, pour ces lumières dont j'aimerais faire profiter chacun... Pas peu fière d'être la fille de son père...

"Crois-tu en Dieu ?" demandes-tu à l'éthiopienne, qui ne comprend pas une telle question. Mais elle vient de l'époque de Jacquouille la fripouille. Pas de vitre, d'électricité, etc. Et à cette époque-là - pauvreté, servage, féodalité, calamités diverses et variées, tu survis avec tes 3 chèvres - ici aussi personne n'aurait posé ni ne se serait posé la question sous cette forme. L'athéisme n'était même pas concevable. Tu croyais en le dieu dont dépendait ton église. Schématiquement, l'europe se coupait en deux. L'occident chrétien à l'ouest, l'orient islamique en face, chacun faisant montre de plus ou moins de tolérance vis-à-vis de l'autre selon que le leader en place était plus ou moins "éclairé". Mais jamais la religion n'était contestée, et dieu était inévitable pour tous. Cette croyance a traversé les siècles avec autant d'aisance parce qu'elle assurait un rôle fédérateur auprès d'individus dont la majorité était des gens simples, sans intellect développé, incultes, soumis depuis la nuit des temps à la grande gueule autoritaire locale. Bon, y'a eu des hauts et des bas, disons jusqu'à la Renaissance, et même encore à cette époque, il aurait été difficile à quiconque d'imaginer un monde sans dieu, gouverneur de tout, préalable à tout, grand décideur des maux et joies humains, n'ayant de compte à rendre à personne, etc. Il est facile de voir combien cela a servi une catégorie d'hommes pendant des siècles, qui ont grassement abusé de la contrainte que la religion imposait aux autres, généralement beaucoup moins gras. Il faudra attendre la révolution française pour qu'apparaissent de vrais résistants à cet abrutissement millénaire. Ceux qui émettaient un doute avant, étaient des intellectuels sans aucun moyen de communiquer largement avec le peuple. Les médias de l'époque, c'était pas Internet-TV-Radio-Magazine, c'était les livres imprimés et reliés à la mano, et fallait savoir lire. La révolution française, par son brassage social, son mélange des classes, ses mouvements de population, ses franchissements de tabous, a permis des échanges d'idées tous azimuths. La réflexion, l'échange, la liberté, sont des pré-requis à beaucoup de points d'interrogation. Ils se gagnent par le sang, la sueur et les larmes. Si ici aujourd'hui nous pouvons nous autoriser individuellement à nous poser des questions sur le bien-fondé de la croyance religieuse, c'est parce que nous avons quitté le moyen-âge depuis des siècles. Et si certains donnent l'impression de ne pas avoir évolué et montrent clairement qu'ils préférent revenir aux cavernes, c'est généralement parce qu'ils nes les ont jamais vraiment quittées. Mais ils ne s'en rendent même pas compte. Le dialogue n'est évidemment pas possible. Tu es en pleine arabie profonde. Tu vois comment c'est, comment sont les hommes. Ça fait aussi partie du monde. Mais franchement, je crois pas que c'est ça qui le fera avancer. A bientôt ma fillotte.

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jericho 09/04/2008 20:50

maybe next time you could write an article about the coaches in dubai what are they like??

jl 21/03/2008 09:18

il a l'air sympa ton papounet... j'aimerai bien discuter avec lui... ;)