Reflexions

Publié le par Laurence Tissot

Mille excuses pour ce silence. Je sais que vous attendez de mes nouvelles avec impatience. Enfin, de mes nouvelles, ou des nouvelles en général. Plusieurs raisons justifient mon silence : d’abord, et toujours, le manque de temps. Le manque de sommeil. Ces 10 derniers jours, je n’ai pas eu un seul jour de repos (car je veux le prendre samedi au lieu de mardi, pour une fois), et je travaillais plus de 14h par jour. Et puis beaucoup de choses se sont passées. Des choses dont il ne convient pas forcément de parler ici, mais qui m’ont chamboulée.
 
Pour être franche, j’ai l’impression d’être prise dans une spirale. Une spirale que je ne contrôle pas, qui m’avale, qui m’empêche d’être lucide, de prendre du recul, d’avancer, de m’améliorer. J’ai toujours eu à cœur d’essayer de devenir quelqu’un de meilleur, chaque jour, de tendre vers la solidarité des autres, l’humilité nécessaire à un apprentissage sur soi, etc.
 
Et ici, mon rythme frénétique, presque surhumain (je ne me souviens plus quand j’ai dormi plus de 4h15 la dernière fois !), combiné à des éléments extérieurs m’empêche de me poser les bonnes questions, d’avancer dans la bonne direction. Je commence à souffrir particulièrement de cette situation. D’autant plus que je sens qu’elle m’affecte gravement.
 
 En venant dans un pays du Moyen-Orient, ej savais que je m’exposais à un changement radical de perception des choses, de la réalité, de l'amour, de l'amitié, des relations entre les gens. Jusque là, je m’étais adaptée, curieuse de tout, sociologiquement fascinée, toujours dans cette dynamique de nouveauté dont j’ai tellement besoin.
 
Aujourd’hui je me retrouve imbriquée dans des situations qui échappent à mon contrôle, car elles dépassent mon entendement, mes conceptions, ausi ouverte que je puisse être. Des situations qui sont loin d’être agréables. Je ne les détaillerai pas ici, car ce serait long, sans intérêt, et de toute manière bien difficile à expliquer.  Je souffre beaucoup de ce qui est en train de se tisser autour de moi, et qui, je le répète, me dépasse. 
Voilà, on y est : le choc des cultures. La solitude. La solitude, car malgré tout ce que j’essaie de comprendre et de faire, je me heurte (tropezo, pour les hispanistes) à des barrières, je vis dans une réalité parallèle où tout ce que je sais et croyais être acquis sur moi et les autres est hors de considération. Je sais, c’est abstrait, tout cela. Mais le résultat est là : j’évolue, bien difficilement, au milieu de gens pour qui je suis une aberration de la nature. Nous essayons vainement de nous comprendre, mais des siècles d’héritage nous sépare, des montagnes culturelles et sociales. Et moi, je rame… Je me fous dans le pétrin. Parce que je suis ce que je suis. Je ne sais pas si c’est le fait d’être Laurence, d’être blanche, d’être européenne, française, peut-être un peu de tout à la fois, mais j’entame une longue traversée du désert, seule... 
 
Et je remange come une goulue. Je comble. Je dérape. Je m’en remets au lendemain. J’essaie. Je me goure encore. Je suis prise entre tout ce qui s’est passé en rapport avec ma vie en France, et tout ce que je n’arrive pas à entendre ici. Bon. Demain sera un autre jour. Mais même ainsi, mon stime de moi n’est pas au top, pas plus que la satisfaction d’avoir essayé d’être quelqu’un de meilleur pour aujourd’hui…
 
A suivre.

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jl 14/02/2008 20:03

Mais non! tu n'es pas seule: il y a des tas de gens ( dont moi cela fait un "tas") qui pensent à toi, qui t'aiment et qui souhaitent ton bonheur...
de mon coté vie grenobloise assez trés sérieuse, vie sentimentale vide et complexe, vie sociale intéressante avec des gens certes plus jeunes mais ouverts, fins, curieux...
L'herbe n'est pas plus verte ailleurs. le seul bonheur vient de l'intérieur.
dans ton desert tu trouvera ta source pure
garde la moral et continue à nous écrire sur ton blog!!!